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Métaphysique de l'écrivain 4 : Roland C. Wagner

  

Qui sommes-nous ?

 

— Des têtes de pioche.

 D'ou venons nous ?

 — De loin.  

Où allons-nous?  

— Aussi loin que possible.

 

 

 Roland C. wagner

 

 

                                                                   

L.G.M

Roland C. Wagner

Editions le bélial

 

Lorsque l'Urss en pleine forme remporte la course à Mars et perd l'ambassadeur de la dite planète, lorsque l'effondrement de la fonction d'onde conduit à la toxicomanie et au sexe, lorsque les petits hommes verts cessent de dire "Salut Toto!" en se perchant sur les montant de votre lit de noces pour slamer dans la fosse des Dead Kennedys, c'est du Roland C. Wagner et c'est grand !

 

L.G.M. : trois grains d'ellébore dans votre coca light ?

      

Et Roland?

Encore!

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Métaphysique de l'Écrivain 3 : Jean-Claude Dunyach

Qui sommes-nous ? 

Je ne sais pas qui nous sommes, vu que je ne sais même pas qui je suis. En ce moment, je suis en construction, y’a des périodes comme ça. Vous aussi ? Ah bon… Qui est-ce qui garde le magasin, alors ?   

D'où venons-nous ?   

Nous venons de là où nous sommes, du moins est-ce vrai pour ceux qui, comme moi, transportent leurs souvenirs avec eux. Le passé demeurant disponible, on ne s’en éloigne jamais vraiment. Et comment être sûr qu’il existait quelque chose avant soi ?  

Où allons-nous ?  

Vers de nouveaux souvenirs… 

Jean-Claude Dunyach

 

 

Le temps, en s'évaporant.

Jean-Claude Dunyach

Éditions l'Atalante

 

Rien que le titre, hein?

Ces mots ailés, comme disaient autrefois les contemporains d'Homère, ouvrent vers huit rêves lucides de Jean-Claude Dunyach.

 

Mes trois préférés:

 

Le temps, en s'évaporant.

Le lapin sous la pluie.

Des raisons de revenir.

 

Dire qu'il existe 5 autres recueils...Miam.

   

Et... Jean-Claude?

Encore !

 

J-A D.

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Métaphysique de l'écrivain 2 : Sylvie Lainé.

 Qui sommes-nous ? 

Nous sommes de ceux qui pensent en mots, ou plutôt qui ont besoin de mots pour savoir ce qu'ils pensent. Nous aimons entendre sonner les mots comme les musiciens aiment le rythme, le timbre et les mélodies, nous aimons bâtir des équilibres de mots comme les architectes dessinent des gratte-ciel ou font du mecano, nous aimons la couleur des mots comme les peintres badigeonnent les toiles, nous aimons la douceur des mots comme les amants caressent une peau nue. Nous sommes des individus irréductibles au collectif, mais âprement désireux de trouver la communauté où "nous" aurait vraiment un sens. Nous sommes des artisans et des bricoleurs. Nous sommes d'éternels apprentis. Nous nous égarons quand nous commençons à croire à nos propres histoires.   

D'où venons nous ? 

Chacun d'entre nous vient d'une île, et a su qu'elle était petite et déserte le jour où il y a reçu les mots des autres. Chacun de nous a tenté de faire de son île solitaire un lieu vivant et chaleureux, et a pensé que les mots l'y aideraient. Chacun d'entre nous a voulu inventer et offrir la télépathie : celle que d'autres, auteurs et écrivains, lui avaient donnée à l'âge où les portes s'entr'ouvrent.   

Où allons nous? 

Nous allons au même endroit que tous les autres hommes et femmes, intensément emplis du miracle de notre conscience minuscule - notre viatique en vaut bien un autre.

 

                                            Sylvie Lainé.

 

 

 

                                   

 

Le Miroir aux Éperluettes.

Sylvie Lainé.

Ed. Les trois souhaits.

 

Illustration de Gilles Francescano

 

Préface de Jean-Claude Dunyach

   

6 nouvelles traitant de la rencontre, la sienne ou celles des autres, ou... de l'Autre. L'une des meilleures nouvellistes actuelles dont je regrette franchement que ce soit le seul recueil, à ma connaissance.

Mes préférées : 

Une bulle d'Euze.

Un signe de Setti. 

350 exemplaires : précipitez-vous, il n'y en aura pas pour tout le monde !! 

Et, Sylvie ? Smile

Encore !Smile

J-A D.

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Ils sont frais mes auteurs et ils sont chez Album

C'était à  Toulouse, chez Cathy Martin dans la librairie Album.

Album c'était BIEN.

Elle  a une sacrée marquise, Cathy.

 

 

 (non, ceci n'est pas l'Abominable Photo de Nébal; merci à Fabienne Rose)

 

 

(et non, je n'ai pas gagné de nouveau pseudo trop class, cette fois, mais il s'en est fallu d'un cheveu)

Moi qui avais peur de me retrouver toute seule cachée derrière une pile de Mangas, combien grand fut mon soulagement de m'apercevoir qu'en fin de compte, ce fut aux Mangas (et quelques spiderman) de se cacher derrière nous.

Nous.

Les auteurs frais de Cathy Martin.

(Lecteur, un adjectif d'une fausseté éhontée s'est dissimulé dans cette phrase, sauras-tu le retrouver?)

Car frais (Oups, je m'a trahie! Enfer mon masque tombe !) nous ne l'étions guère mais nombreux et fraternels certes, oui, et donc nous étions:

 

Lucie CHENU pour De Brocéliande en Avalon - éditions Terre de Brume

(avec laquelle nous avons longuement parlé de chevaux, de virginité, d'anthologies, de choix éditoriaux, de voiles, et de maître Eolas – for ever – et qui m'a vendu la BD érotique de la décennie)

 

GUDULE pour Le club des petites filles mortes - éditions Bragelonne

(avec laquelle nous avons longuement discuté ... de rien. J'ai à peine osé lui sourire : la dame est impressionnante.)

 

Nicolas BALLY pour sa nouvelle dans l'anthologie Vampires - éditions Glyphe

(avec lequel nous avons déblatéré de... Vampires et des fans des Vampires)

 

Jean-Daniel BREQUE pour Orphée aux Etoiles, les voyages de Poul Anderson - éditions Les Moutons Electriques

(qui m'a vendu le quatuor de Jérusalem et l'intégrale de sa production au moins traductrice dans les 20 prochaines années, en appelant au jugement de Dieu, ce qui, vous en conviendrez, est peu fair play)

 

Sire CEDRIC pour sa nouvelle dans l'anthologie Vampires - éditions Glyphe

(qui m'a promis de se faire des couettes la prochaine fois qu'on se croiserait pour que je puisse les lui tirer dans le dos - un vieux compte – non pas Comte – à régler.)

 

Claude MAMIER pour Les Contes du Vagabond - éditions Malpertuis

(avec lequel nous avons courtement causé car il fut toute l'aprem à l'autre bout de la table mais qui est fort sympathique)

 

Michelle BIGOT et Christophe SIVET pour leurs illustrations aux éditions Griffe d'Encre

(avec lesquels au coude à coude en bon petits soldats griffés nous avons dédicacé, dédicacé, dédicacé... argh)

 

Sébastien BERMES pour ses illustrations aux éditions GLYPHE

(avec lequel j'ai fumé, fumé, fumé dehors)

 

Et votre servante.

 

Dame Estelle VALLS DE GOMIS pour Vampires -éditions Glyphe s'était excusée de ne pouvoir se joindre à nous. Je l'ai regretté car la dame est ma presque voisine dans la vraie vie et que ça m'aurait bien plu de la rencontrer enfin...

M'enfin.

 

Il y avait également le triste sire Nébal, à qui je décerne ici le prix de la Pire Photo de Ma Tronche depuis que j'ai réaccepté qu'on retente la chose et qui me fait terriblement regretter ma décision. N'empêche que du coup je suis allée faire un tour sur son blog et que le monsieur parle fort bien des livres en particulier et du reste en général  (en faisant un petit tour par le droit romain, petit tour qui s'est avéré fructueux et jubilatoire pour votre servante - oui, je jubile sur le droit romain; et alors ; c'est quand même plus avouable que le viol de hamster, non? Enfin, je crois...).

 

Dans le gang des fumeurs, notons la présence remarquée de ma copine Laurence qui a fort bien tenu le choc de ces rencontres du troisième type et que je bisoute ici.

 

Voilà.

Je reviendrai.

Quand je serai grande et que je tiendrai l'alcool.

Deux petites photos pour graver ça dans le marbre...

 

Jean-Daniel Brèque, Christophe Sivet, Michelle Bigot and... someone else.)

 

(Nicolas Bally, Duquenoy, sire C (sans couettes), Claude Mamier)

 

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Métaphysique de l'écrivain 1 : Pierre Dac

Métaphysique de L'écrivain. 

            J'inaugure aujourd'hui une nouvelle catégorie dans laquelle je laisserai la parole aux écrivains de ma connaissance. Mais pas n'importe comment. Je les connais, les écrivains. Vous leur collez un clavier entre les mains : ils ne s'arrêtent plus. Les écrivains sont des gens excessifs.

(Ce qui n'est pas le cas de leurs à-valoirs)

(il doit y avoir une corrélation)

(mais comme dirait l'autre à propos de restaurants chinois, ne me demandez pas laquelle).

(enfin juste comme ça : CQFD)

 Donc, ils devront se contenter de répondre aux trois questions suivantes

 

            Qui sommes-nous?

            D'où venons-nous?

            Où allons-nous?

 

Sérieuses, délirantes, déjantées, documentées, exhaustives, superficielles toutes les réponses seront acceptées. J'ouvre le bal en faisant parler un illustre mort et vive la nécromancie (et les préadamites!) (sisi) (cherchez pas) :

 

            "En ce qui me concerne :

Je suis moi.

Je viens de chez moi.

Et j'y retourne."

 

Pierre Dac.

   

Cette phrase immortelle est extraite des Pensées (non moins immortelles) de Pierre Dac.

(Carrément mortel lui)

(et d'ailleurs on ne peut plus mort)

(c'est dire s'il l'était)

(mortel)

(oui, je sais mais je ne suis pas sûre que le petit dans le fond près du radiateur me suive)

(c'est un tic)

(on ne se refait pas)

(ben non) 

que tout amoureux du nonsense et de la pataphysique, voire de la pata tout court, et de la physique itou, ma foi, se doit d'avoir dans sa bibliothèque.

 

Quelques morceaux choisis :

 

(avec amour)

(et du poil autour)

 

En justice courante et cavalante, si tous les prévenus l'étaient à temps, le banc des accusés serait souvent vide.

 

Celui qui dans la vie, est parti de zéro pour n'arriver à rien dans l'existence n'a de merci à dire à personne.

 

Il est démocratiquement impensable qu'en république il y ait encore trop de gens qui se foutent royalement de tout.

 

Quand ça ne tourne pas rond dans le carré de l'hypoténuse, c'est signe qu'il est grand temps de prendre les virages en ligne droite.

Voila

Et je n'en démordrai pas.

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La ligne Spinalienne des Vosges ou "Bonjour, je suis Martin Winckler".

  

            Épinal c'était BIEN.

             Ils ont une sacrée mirabelle là-bas.

             (En passant je remercie Tom de la Voûte grâce à qui j'ai gagné haut la main un nouveau pseudo trop class : "Oups, I did it again " .

J'ai confondu tout le monde avec tout le monde à partir du moment où j'ai quitté ce restaurant.

              Vous connaissez Pierre Pagel et Michel Pevel ? C'est nouveau, ça vient de sortir, enfin heureusement qu'ils ont du talent tous les quatre - il y avait également Pierre Pevel et Michel Pagel planqués quelque part, consternés- j'espère seulement qu'Alain Grousset me pardonnera un jour... )

Bref. Ne nous appesantissons pas.

Oui c'était bien Épinal :

l'accueil fait à ma Vieille Anglaise fut plus chaleureux que je n'osais l'espérer dans mes rêves les plus fous,

j'ai papoté avec Tad Williams qui est trop chou et qui vous parle de la pluie avec une poésie toute californienne,

déliré copieusement avec Gabriel Kopp, mon voisin de stand et de collection à qui j'ai attribué le prix Nébuleux à l'unanimité avec mon faible intérieur  tandis que lui et sa Ford fiesta me gratifiaient de celui du Thon à L'Huile (il est gentil, hein, Gabriel ? Ç'aurait pu être celui de la Morue au Gros Sel),

 livré une bataille mémorable contre le stand d'Actusf à coup de boulettes de papier,

 dansé avec un faune,

vidé un thermos de café de la taille d'une baignoire,

 pique niqué au foie gras avec Jean-Claude Dunyach et tout le chapiteau d'Épinal,

 fais dédicacer mon livre par l'illustrateur de Karim Berrouka  pour "La Porte" Alain Vallet (ben voui, Christophe Sivet, n'était pas là et j'en avais assez de rater des baleines, pauvres bêtes)  et Alain, adorable, n'a pas moufté et a pieusement graphé des calamars-garous sur les pages de garde de LVA

mangé de divins chocolats orgasmiques avec Nathalie Legendre (qui est belle, marrante et sexy, pile-poil comme j'aime les filles... quoi, je suis pas la seule?)

Et parlé de sf, de fantasy, de livres (argh j'en ai acheté une tonne dont l'excellent Glace Noire de Marc Vassart que j'ai dévoré dans le train - mais j'en reparlerai plus tard de ce livre).

 

Je reviendrai.

Voilà.

C'est tout ce que vous y avez gagné tous, à être aussi sympas et indulgents.

 

Alors, c'est à ce moment-là de l'article en général que l'auteur remercie ses compagnons pour tout ce qu'ils ont fait pour lui, moi je vais faire original, je vais présenter mes excuses :

 

Donc, dans l'ordre, j'adresse mes apologizes les plus basses à :

 

Alain Grousset (prix spécial des Regrets Eternels et Circonstanciés)

Michel Pagel (prix spécial des Lames du Roi)

Pierre Pevel (prix spécial du Roi d'Aout)

Laurent Whale (prix spécial de la Pipelette Saoulante pendant Quatre Heures sur l'Autoroute)

Mélusine & Shigure (prix spécial de La Vanne à la Con qui Vexe Tout le Monde)

Chris (prix spécial de l'Abandon aux Bords de la Moselle avec un Café Froid)

Magali Duez (prix spécial de Détends toi Ma Chérie Tout Va Bien se Passer)

Hélène Ramdani (prix spécial du "Pire Souvenir des Imaginales Par Contumace" )

Anne Fakhouri (prix spécial de la Pire Dédicace)

Emmanuel Beiramar (prix spécial d'A Peu Près Tout)

Marc Vassart, Michel Rozenberg, Nathalie Legendre, Olivier Bidchiren (prix spécial de la Voisine de Stand Hystérique)

 

J'espère n'avoir oublié personne, mais la liste peut s'allonger, rassurez-vous.

 

Une petite photo pour graver tout ça dans le marbre :

  

Le gang de Griffe d'encre...

 

 

 

 

PS: il reste pas un peu de mirabelle ?

 

 

 

 

 

 

et donc Extension du Domaine de l'Excuse :

27/05/ 2008 21h 34

Andréa J.Forest (prix spécial de la Promesse non Tenue mention Consonne superfétatoire)

28/05/2008 08h 32

Don Lorenjy (prix spécial du Moulin Rouge)

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En un combat crédible...

Voilà, ils sont deux, ce sont les gentils. L'un est un vampire homosexuel et désabusé, commissionné par le Vatican, l'autre un ancien champion de capoeira idéaliste envoyé par un dieu vaudou autant que vindicatif. Les méchants en face, ce sont les nazis et il y'en a une petite quinzaine, et bien sûr ils sont armés jusqu'aux dents, prêts à bondir.

 

            Rien à signaler jusque-là. Tout est normal, classique presque.

 

            Mes gentils ont un handicap, ils sont obligés de se battre attachés l'un à l'autre par une cravate de soie bordeaux à pois jaunes. Les autres sont seulement sidérés – je me mets à leur place : la cravate est vraiment, franchement, ignoble.

 

            N'empêche que les gentils doivent gagner et que malgré tout, jamais personne n'a remporté la victoire en faisant vomir ses adversaires avec une arme non conventionnelle issue du cerveau malade des designers de l'industrie textile. Ça se saurait. J'ai beau écrire de la sff, il y a des bornes aux limites que j'aie le droit de franchir, avec ou sans carte de séjour. Cela dit, si j'étais le préfet je me reconduirais à la frontière manu militari.

 

            Bref, là, mes gentils viennent d'en éliminer deux d'un coup, y'en a trois qui leur sautent dessus qui ne vont pas faire long feu, il m'en reste dix à trucider. Alors...

 

            Alors, j'ai piqué le Batman  et un Pirate des Caraïbes dans les tiroirs de mon gremlin ainsi qu'une poignée de schtroumpfs et je les ai collés, là contre mon clavier. Le gremlin, lui,  vient de débarquer pour le petit dej et depuis le canapé, il me regarde sereinement lier le Batman au pirate à l'aide d'un lacet rouge subtilisé à ses baskets. La bataille acharnée et virevoltante de Batman et Jack Sparrow contre les schtroumpfs ne lui arrache pas un froncement de sourcil, il ne s'agace que lorsque le premier combat terminé, je recommence aussi sec :

 

              Pourquoi tu t'embêtes, Maman ? Batman gagne toujours...

 

            Je me le demande aussi parfois.

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La Vieille Anglaise et le continent, novella aux éditions griffe d'Encre

            C'est parti, les gens !

 

            LVA a émergé des abysses, je ne me lasse pas d'en contempler la couverture où s'étale mon nom à moi que j'ai.

            Ego.

            Je.

            Argh.

            C'est pas possib', c'est pas possib'.

 

            Je suis zébu, ou oryx, ou alors impala. Bref un truc qui saute partout gaiement dans la savane (marbrée, de Brossard) en pleurant sa mère d'émotion non contenue - mais pas trop fort parce que la mienne a horreur de la SF. Ne lui dites pas que j'en écris, elle me croit pianiste dans un bordel et occasionnellement danseuse à l'éventail.

            Pourvu que ça dure.

 

            LVA c'est une longue histoire.

 

             Au départ, je l'ai écrite pour un destinataire inattendu : Roland  C. Wagner qui avait lancé un Appel à Textes "spécial cétacés". Le projet ne s'étant pas concrétisé, je l'ai soumis à Griffe d'Encre, Magali Duez m'a gentiment tapoté sur le crâne et m'a dit " C'est bien ça, ma chérie ! Développe un peu, pour voir.".

            Et... nous voilà ce soir.

(Ah bon, j'avais dit qu'elle était longue, mon histoire ? Oui, mais y'a deux ans dans ces cinq lignes, si)

 

            Fin de l'historique de navigation.

            Fermez I.E

            Merci.

            ...

 

           Ok, tapez pas, je continue. 

           

            L'inspiration qui a présidé à la naissance de cette histoire est bien plus ancienne que cela.

            En fait, elle date de ma rencontre avec une jeune fille de dix-sept ans, encore américaine en ce temps-là, prenant des notes fébrilement lors d'une sombre affaire de baby-sitter. Elle arborait une expression de concentration féroce sur son visage ingrat.

             J'étais bien plus jeune qu'elle à l'époque, mais pas assez pour ne pas percevoir le tragique et l'injustice de sa situation. Rien, dans sa très brillante carrière consécutive ne put me faire changer d'avis à ce sujet, et j'en voulus longtemps à son illustre père qui l'avait si mal départagée. Malgré son cerveau haut de gamme, la petite ne pouvait se targuer que d'un corps, au mieux fonctionnel, et de capacités à l'empathie et aux relations sociales réduites à leur plus simple expression. La solitude et la frustration, l'aigreur même, seraient son lot tout au long de sa vie.

            Je n'ai jamais vraiment pu l'avaler. Depuis j'ai pardonné au Papa. Pour l'époque, il avait fait de son mieux, un mieux un peu minable, certes,  presque pire qu'un bien, mais il l'avait fait ce qui n'était pas le cas de tout le monde. Bien sûr, d'autres avaient réalisé des mieux vraiment meilleurs cependant on conçoit avec ce qu'on a, pas avec ce qu'on voudrait. Bref, il lui fut pardonné.

            Ego te absolvo, Pater.

 

            Il me restait en outre une solution : donner une seconde chance à la gamine. C'est ce que j'ai tenté ici mais croyez-moi, avec son putain de caractère ce ne fut pas chose facile...

  

             J'espère seulement ne pas avoir fait pire que votre créateur et que votre deuxième existence, votre seconde mort, vous satisferont un peu plus,

Susan Calvin.

Et révérence, toujours humble, à Isaac Asimov.

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Je croise mon squelette

je croise mon squelette
qu’une faveur de fourmis manians porte à sa demeure
(tronc de baobab ou contrefort de fromager)
il va sans dire que j’ai eu soin de ma parole
elle s’est blottie au coeur d’un nid de lianes
noyau ardent d’un hérison végétal
c’est que je l’ai instruite depuis longtemps
à jouer avec le feu entre les feux
et à porter l’ultime goutte d’eau sauvée
à une quelconque des lointaines ramifications du soleil
soleil sommeil
quand j’entendrai les premières caravanes de la sève
passer
peinant vers les printemps
être dispos encore

vers un retard d’îles éteintes et d’assoupis volcans.

Aimé Césaire, point final.

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En attendant le Bus Galactique

 

            Des étudiants en virée pour fêter leur diplôme, quoi de plus banal ?

            Sauf que ces deux-là, êtres de pure énergie, ont dessoulés sur notre planète aux alentours de -30 millions d’années. Leurs potes, las de les attendre, se sont tirés ; ils reviendront les chercher un jour...

            L’un des deux frères, brillant généticien et exobiologiste, se fait suer en attendant, alors il donne un tout petit coup de pouce à l’évolution intellectuelle d’une tribu de singes tout près de leur bivouac...

            30 millions d’années plus tard, c’est le bordel intégral :

             Un nouvel Hitler risque de faire son apparition aux States, et les deux frères espèrent faire un peu de nettoyage du labo avant le retour tout proche de leurs copains. Heureusement qu’ils peuvent compter sur Judas, Jésus, un joueur de saxophone et l’assassin d’Abraham Lincoln.

            Faut dire qu’ils risquent d’avoir de sacrés comptes à rendre...

            Un roman à la fois rigolo, tendre et profond, très profond même, que je conseille à tous. Moi ,ça fait une bonne dizaine de fois que je retourne attendre ce bus-là, je ne le regrette jamais. Une pinte de bon sang et une grosse dose d’intelligence, ça fait toujours plaisir :)

 

 

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confinement pour risques majeurs

Le professeur de latin interrompt le film en demandant :

            — Dites-moi en quoi cette scène extraite du film  Jules César relève de la haute fantaisie hollywoodienne?

            Un grand jeune homme l'air timide lève le doigt et répond :

            — Ils sont tous debout le verre à la main autour du buffet, on dirait l'anniv' de mariage de mes parents ...

            Un autre interrompt :

            — C'est peut-être la casio au poignet de Jules, Madame ?

            Il y a un temps d'arrêt, personne n'avait remarqué ce détail et le professeur s'apprête à demander doucement à l'impétrant s'il a bien connu César pour se permettre de l'appeler par son petit nom. Mais une sirène stridente interrompt tout cela tandis que la voix du Principal du collège, tel l'ange embouchant la première trompette, glace l'assistance :

            — Confinement pour risque majeur. Les professeurs et leurs classes doivent regagner au plus vite leur base prévue.

            Les élèves aguerris se contentent de saisir le manteau et se rangent bien en rang, deux par deux. Ce qui prouve bien que c'est faisable nonobstant  leurs protestations véhémentes passées lors des fins de récréation. Le professeur prend la tête du cortège après ce bref avertissement :

            — Restez en rang, ne courez pas. Si l'air est contaminé, vous respirerez beaucoup plus de cette saleté que si vous marchiez tranquillement.

            Le matheux du groupe prend l'air songeur, le professeur l'entend presque effectuer les calculs sous son scalp embroussaillé, mais elle ne lui laisse pas le temps de se lancer dans la contestation probabiliste :

            — On y va.

          

           La salle F est en vue. Deux classes y sont déjà installées dans le plus grand désordre. Le professeur de latin réprime à grand-peine l'envie de claquer la porte DEVANT elle. Mais on ne se refait pas quand on est né responsable, elle respire un grand coup - tant pis pour les vapeurs toxiques - et rentre.

            Ça cause haut et fort, la cantine de secours n'est pas ouverte, l'appel n'est pas fait. Le prof de latin inspire à nouveau pour aboyer :

            — 4°A, contre le mur du tableau, 4°B sous les hublots, 4°C, le mur mitoyen.

            Ce sont les parois les plus éloignées ou dépourvues de fenêtres. Pendant ce temps, elle clôt les stores avec deux de ses collègues tandis que le professeur de musique se saisit du talkie-walkie dans la cantine et annonce très pro :

            — Salle F, effectifs complets, terminé.

            Ça dure deux heures. Tous les quarts d'heure, la voix de l'Ange Protecteur grésille sur le talkie et exige le point sur les effectifs, les blessés potentiels, les ressources à disposition. Les élèves vautrés par terre en profitent pour se faire des papouilles sous les tables, plus ou moins discrètement, ou discutent sotto voce, voire les deux. Le professeur de latin respire mal, déteste tout et tout le monde et rêve de se jeter par la fenêtre.

            Tout se passe donc bien jusqu'à ce que l'extraterrestre de service intervienne :

            — Madame ?

            — Oui, répond le professeur de latin avec lassitude

             Elle ne connaît pas cet élève, mais sent une tension soudaine dans l'assistance et se prépare donc au pire.

            — Si c'est la centrale nucléaire qui pète de toute façon, le talkie-walkie ne fonctionnera pas, c'est stupide.

            Sourire torve du petit malin.

            Le silence tombe sur la salle, les latinistes ricanent, l'extraterrestre non plus ne connaît pas le professeur de latin.

            — Tu penses à l'effet électromagnétique à la suite de l'explosion ? Selon toi ça fusillerait toute l'électronique c'est ça ?

            L'extraterrestre est un peu soufflé, c'est le cas de le dire, il pensait seulement mettre le prof en difficulté. Au lieu de ça, elle rétorque sérieusement :

            — Je ne sais pas si Tchernobyl a eu cet effet-là, je ne crois pas. Cela dit, les risques majeurs comportent d'autres possibilités que le danger nucléaire, à ce moment-là les talkies-walkies resteront de première utilité.

            À ce stade de la conversation, le ton a radicalement changé : les deux interlocuteurs commencent à s'échauffer, ils ne s'opposent plus : ils créent un monde à eux deux. Leurs mains volent devant eux pour appuyer leur point de vue, soutenir celui de l'autre. Et ils continuent gaiement tous les deux à deviser de fin du monde et de post-apocalypse, énumérant les risques auxquels on peut s'attendre compte tenu de l'environnement technologique de la région, son potentiel sismique, une ou deux guerres conventionnelles ou pas, leurs conséquences, ce qui pourrait servir ou non, les résultats au niveau santé. Bref, ils ne s'ennuient pas une minute sur fond de cataclysme planétaire.

            Autour d'eux en revanche, l'atmosphère s'est assombrie, on ne discute plus on murmure et la consternation accompagne la conversation passionnée et terrifiante des deux malades mentaux.

            Fin d'alerte, le talkie-walkie grésille une dernière fois.

            L'extraterrestre prend congé du professeur de latin avec un joyeux :

            — Au prochain confinement, Madame.

            — Avec plaisir, répond-elle souriante.

            Et c'est sincère :

 si elle n'est pas confinée avec l'extraterrestre au prochain exercice, le professeur sait qu'elle restera dehors, cette fois.

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Fata Organa in anthologie la Terre Editions Griffe d'Encre

Fata Organa est sortie cet hiver dans l'anthologie pour laquelle elle a été écrite, j'en suis très fière, surtout qu'apparemment elle a plu pas mal à ses lecteurs.

C'est quand même l'idée de base de l'auteur qui écrit pour être lu, hein?

 Alors, à vous tous qui m'avez bien fait plaisir, mon chapeau bas et mes baisers, Lecteurs, Vous sans qui...

(Courbette, chapeau à plume dans la poussière devant la statue du lecteur inconnu auquel je jure ici de ne jamais lire la lettre de Guy Moquet)

Bref.

Et puis Dieu a Dit que je devais avoir un blog, alors je Lui ai répondu:

 "Hélène (Ouais, Dieu s 'appelle Hélène, ça vous défrise ? Crom, c'était déjà pris. Mais des fois, quand même, je l'appelle Magali, Dieu, ça dépend ) tu déconnes!"

Depuis, aux divers salons, sur le net et dans la vie, les retours sont arrivés. On m'a posé pas mal de questions et deux d'entre elles m'ont scotchée. Je voulais y répondre, finalement il va servir à un truc ce Blog :

1- Le vécu dans Fata Organa

-a) Y'en a

-b) Y'en a aussi (de la pomme)

-c) J'ai été deltiste par exemple (modeste, je volais comme une poule et avec la même grâce)

-d) J'ai bien été mariée (mais grâce au ciel, pas à Didier) et les deux Tarés du Vésuve existent (sisi)

Et voilà c'est tout. Et si ça fait "vrai", tant mieux, c'est quand même le but. Mais bon, non, je raconte pas ma vie dans mes nouvelles, ou alors de façon beaucoup, beaucoup plus vicelarde que ça, mes loulous croyez-moi Wink

-e) Et euh... en fait, je cracherai pas du tout sur l'idée de coucher avec Rutger Hauer (avec ou sans additifs féériques) mais je vous promets que c'est le dernier truc "vécu" ou "non vécu".

  

2 - la guerre des sexes dans Fata Organa :

Eh bien ça, avec ou sans pomme, il n'y en a pas. Oui, 3 mecs sur 4 sont de sombres andouilles dans cette histoire ; oui, 100 pour 100 des nanas sont sympas et marrantes, mais elles l'ont facile : elles sont 1. ça aide de suite pour les stats.

 Il se trouve juste que c'est comme ça. il n'y a aucun symbole. Dans la vraie vie, vous pouvez tomber sur trois crétins puis sur un régiment de clairs intellectuels à l'esprit pénétrant (au moins) et acéré, là, dans Fata Organa, mon Alix n'a pas encore rencontré le régiment. C'est tout. Je ne vais quand même pas être obligée d'en inventer un sympa et drôle à chaque fois pour prouver que je ne suis pas sexiste, un nègre mâle du pentagone en quelque sorte, un mâle politiquement correct...

Le politiquement correct, comptez pas sur moi pour ça Wink

J-A D.

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Un Blog, un BLOG, te dis-je !

 

- Tu auras un blog.

-Il faut avoir un blog.

-Tu dois avoir un blog !

- FOR IN TRUTH THOU SHALST WRITE A BLOG !

 

Je ne sais pas vous, mais quand on me parle sur ce ton biblique - même en anglais - j'ai tendance à obtempérer. C'est donc chose faite :

j'ai un blog.

Amen.

J-A D.

 

 

 

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