Je viens de dealer mon deuxième muffin orange-cannelle avec la charmante réceptionniste, j'ai considéré que le succès inespéré de l'opération méritait un petit effort et donc une note supplémentaire, elle aussi.
Il ne faut jamais perdre de vue les choses importantes, dont les muffins.
Je suis sûre à présent que ces petites choses ont une influence inavouée sur l'univers.
Allez savoir, Hitler a peut-être fait son malin uniquement parce qu'il n'en a jamais eu au petit dej (sauf quand Chamberlain est arrivé à Munich avec un panier plein, mais ce devait être trop tard et le mal (caucasien blanc) était fait.
Bien passons au "spotlight awards."
kezaco?
Une petite revue de quelques-uns des prix SF recensés dans le monde, Eric Picholle et moi étions censés y représenter le GPI.
Nous commençons par un prix canadien : le lauréat s'est vu remettre 2500 dollars canadiens, il était content.
Suit un autre prix canadien, anglophone celui-là, je n'ai pas très bien compris le mood sinon que ça récompensait des séries TV pour l'année 2008. Le docteur Who a gagné, ensuite ils se sont demandé s'ils allaient récompenser stargate, stargate atlantis, Amanda tapping, stargate franchise, stargate continuum.
Z'ont choisi Stargate franchise, ce prix m'a laissée un poil perplexe.
S'ensuivit une longue liste de prix australiens dont j'ai retenu qu'ils ont abandonné Mad Max à ses problèmes de fuel depuis fort longtemps, ça a vraiment l'air intéressant ce qu'ils font chez les kangourous, mais je n'ai pas capté assez de l'accent de la dame pour me prononcer plus avant.
Le délégué chinois est arrivé, superbe dans un smoking blanc, beau et fier comme Pou-Yi dans le Dernier Empereur, il nous a dressé un historique succint mais parfait de l'état de la sf chinoise, après un passage un peu pince sans rire, où il expliquait que la SF chinoise avait connu quelques déboires pendant la Révolution Culturelle, il a précisé qu'il entendait par "déboires " une anihilation en bonne et due forme comme seules les autorités de son pays sont capables d'en réaliser.
L'avenir est en Chine, je l'ai toujours pensé.
Et là, et là !
Comes The Japanese Delegation!!
Au début, j'ai cru que c'était un gag.
Ils étaient trois.
On aurait dit un gang de Yakuzas. Y'avait l'homme d'affaire japonais prototypique (mais euphorique, il souriait tout le temps avec un air ravi, ou drogué), le tueur à gages impassible (en noir avec oreillette, lunettes mouches, crane rasé, un sabre virtuel accroché dans le dos, des petites sacoches en cuir à la taille à côté du talkie Walkie, sans doute sa réserve de shurikens (quel est le foutu pluriel de shuriken?) , ou alors son goûter mais je ne crois pas) et un minuscule type en blouse, genre "On a ramené le sushi-man au cas où on aurait une petite faim pendant la cérémonie".
Ils ont salué, se sont présenté et ont commencé à déployer une grande nappe bleue à fleurs (très jolie) en souriant ENCORE PLUS largement.
J'ai fini par comprendre que c'était une partie du prix à remettre.
Puis ils ont nommés des auteurs américains récompensé l'an dernier à Tokyo et qui n'avaient pu s'y rendre. Delia Sherman, ravissante en jupe fleurie, débarque et reçoit un grattoir à poele à frire monté sur un socle en marbre noir.
(Je ne déconne pas : l'homme d'affaire japonais a réellement dit qu'il s'agissait d'un instrument de cuisine)
Là-dessus, avisant la jupe de Delia et la nappe fleurie, je me dis "Bon sang mais c'est bien sûr c'est un coupon de tissu pour lui faire une nouvelle jupe "!
(Au point où on en était, hein?)
Ben non, la nappe n'était pas pour Delia qui est repartie toute joyeuse avec sa spatule sur socle.
(un jour il faudra que je lui demande ce qui s'est réellement passé ce jour-là)
Même jeu avec un autre auteur américain, puis reportage photo sur grand écran où nous voyons un auteur chinois recevoir la MÊME nappe bleue à Tokyo (je ne comprenais plus rien à ce stade-là, mais ce devait être absolument génial car toute la salle affichait le même air euphorique que la délégation nippone).
Soudain, le portable du sushi-man sonne, (un truc du genre "la marche des kamikaze") le tueur à gages sursaute, l'homme d'affaire crispe nettement du sourire, le sushi-man foudroie son portable en tremblant.
Est appelé dare-dare un dernier auteur anglophone, qui repart avec la nappe sous le bras, un grand sourire, et mon ahurissement accroché à ses basques.
Je n'avais pourtant rien bu.
Pas encore.
Ça, je l'ai fait un peu à la partie Bragelonne au Delta Hôtel, mais j'ai été très raisonnable, je vous le jure.
Au point que, lorsqu'un charmant garçon, au demeurant, avec lequel nous nous livrions à des spéculations sociologiques relatives à la littérature érotique (sisi on était même pas gras et crétins, mais parfaitement sérieux et cliniques, genre rapport d'autopsie) en compagnie de Lucas Moreno, a commencé une phrase par:
" Mais ça, je ne le dirai pas devant ma femme"
Moi :
"Ah ? Euh... et pourquoi ?"
"Parce qu'elle a mes bébés dans ses bras"
D'abord, j'ai gardé mon calme et j'ai souri. Je n'ai pas dit :
"Donc tu penses que ton épouse a fait ses gamins avec l'archange Gabriel"
(Enfin, ça je l'ai peut-être dit)
Je n'ai pas dit non plus :
"J'en conclus que ça, si tu le dis devant moi, c'est que tu penses que je ne suis pas une femme respectable ?"
(Ah merde, si, ça je l'ai dit aussi, vu qu'il m'a répondu :
"Toi ce n'est pas pareil, tu es un écrivain, un écrivain femme doit faire face à la réalité")
Bon, je jure que je n'ai PAS rétorqué :
"Donc ta femme ne doit PAS regarder la réalité en face, je comprends que ça t'arrange"
Je ne lui ai pas cassé la gueule non plus, ce qui prouve deux choses :
1) je n'étais pas ivre
2) j'ai mûri
Forte de cette confortable assurance, j'ai passé le reste de la soirée à vendre Les Lames du Cardinal à deux américains adorables, à discuter avec Mr Pettigrew et à bader Georges R Martin et Larry Niven à qui j'ai fait la bise
Stéphane Marsan a conclu la soirée en me disant :
"Tu vois bien que tu n'es pas une femme respectable puisque ton ambition est de faire des bisoux à tous les auteurs d'Imaginaire de la convention que tu idolâtres"
Point taken^^





