Utopiapiales 4

(Bloody Friday 2 : La Résurrection )

    

À la sortie de l’échec cuisant conté ci-avant dans Utopiapiale 3, je file m’enterrer en dédicace à la vitesse d’un supersonique qui aurait eu piscine. Je suis rattrapée par Sylvie Lainé et Jean-Claude Dunyach qui sont assez adorables pour ne pas m’accabler et s’abstenir de tout commentaire. Finalement, les tables rondes, c’est un peu comme la … ou bon, bref, les coups de marteau sur les doigts, ça fait un peu mal au… aux doigts, la première fois, après on s’habitue.

 Je ferai sûrement mieux la prochaine. Au moins, j’enlèverai mes lunettes et j’essaierai de sourire niaisement, tiens. Ça les changera de l’air de celle qui va mordre le premier qui essaiera de la faire parler sans un lance-missile en position de tir. Je m’installe aux côté de Sylvie et là, et là…

 

Norman Spinrad vient signer à côté.

 

 

AAAARGH.

 

J’ai failli avoir une attaque.

 

Ou un orgasme.

 

Ou les deux en même temps.

 

NORMAN SPINRAD.

 

Bordel.

 

(Mais pourquoi je hurle, moi ?)

 

Parce que je suis une fan ultime, absolue, définitive. Norman Spinrad, c’est Jack Barron et l’Eternité, Rock Machine et l’Enfant de la Fortune. Le tiercé dans l’ordre. Le beurre et l’argent du beurre et le sourire de la crémière. La sainte trinité.

 

D’ailleurs, jusqu’à voir son nom dans le programme, à Norman, je le croyais au moins déjà enlevé par l’archange Gabriel et en train de gratouiller la vo de 2001 l’odyssée de l’espace aux côtés d’Arthur C. Clarke et Van Vogt, sur une harpe électrique violette.

Eh ben, non.

 

Il se porte comme un charme, Spinrad.

 

Lorsqu’il s’est assis à côté de moi, je commençais juste une dédicace qui a donné à peu près ceci : "Mon dieu, mon dieu, Norman Spinrad est en train de signer à 10 cm de moi, pourvu que je ne m’évanouisse pas avant d’avoir fini cette dédicace. Pardon, pardon, pardon, cher lecteur, j’ai un certificat médical et un mot de ma maman : C’EST NORMAN SPINRAD. (Et pourquoi est-ce que je braille ? *)".

 

(Sinon, à ce propos, cher lecteur, pardon encore une fois. Je le jure, si quelqu’un prend encore le risque de m’éditer un jour, venez chercher un sp, vous êtes LE Lecteur De Ma Dédicace De Spinrad, vous êtes unique, je vous aime.)

 

smourche !

 

Je lui tends un de ses romans au bon Dieu (un de ceux que je n’aie qu’en deux éditions différentes, ça m’en fera trois) pour avoir MA dédicace. Il griffonne : " à Jeanne-A, Norman-S." Et retourne à ses moutons  avec un gentil sourire apitoyé tandis que j’essaie de maîtriser les battements de mon vieux cœur toujours ado, on dirait.

 

Et là…

Et là…

 

Quelqu’un passe, ramasse une pile de bouquins et…

Ce quelqu’un est parti avec mon exemplaire signé par la main de Dieu.

 

Je ne m’en remettrai jamais.

 

 

 

 

 

 

 

(* pour emmerder les sourds, évidemment.)

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