La Vieille Anglaise et le continent, novella aux éditions griffe d’Encre

            C’est parti, les gens !

 

            LVA a émergé des abysses, je ne me lasse pas d’en contempler la couverture où s’étale mon nom à moi que j’ai.

            Ego.

            Je.

            Argh.

            C’est pas possib’, c’est pas possib’.

 

            Je suis zébu, ou oryx, ou alors impala. Bref un truc qui saute partout gaiement dans la savane (marbrée, de Brossard) en pleurant sa mère d’émotion non contenue – mais pas trop fort parce que la mienne a horreur de la SF. Ne lui dites pas que j’en écris, elle me croit pianiste dans un bordel et occasionnellement danseuse à l’éventail.

            Pourvu que ça dure.

 

            LVA c’est une longue histoire.

 

             Au départ, je l’ai écrite pour un destinataire inattendu : Roland  C. Wagner qui avait lancé un Appel à Textes "spécial cétacés". Le projet ne s’étant pas concrétisé, je l’ai soumis à Griffe d’Encre, Magali Duez m’a gentiment tapoté sur le crâne et m’a dit " C’est bien ça, ma chérie ! Développe un peu, pour voir.".

            Et… nous voilà ce soir.

(Ah bon, j’avais dit qu’elle était longue, mon histoire ? Oui, mais y’a deux ans dans ces cinq lignes, si)

 

            Fin de l’historique de navigation.

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            Merci.

            …

 

           Ok, tapez pas, je continue. 

           

            L’inspiration qui a présidé à la naissance de cette histoire est bien plus ancienne que cela.

            En fait, elle date de ma rencontre avec une jeune fille de dix-sept ans, encore américaine en ce temps-là, prenant des notes fébrilement lors d’une sombre affaire de baby-sitter. Elle arborait une expression de concentration féroce sur son visage ingrat.

             J’étais bien plus jeune qu’elle à l’époque, mais pas assez pour ne pas percevoir le tragique et l’injustice de sa situation. Rien, dans sa très brillante carrière consécutive ne put me faire changer d’avis à ce sujet, et j’en voulus longtemps à son illustre père qui l’avait si mal départagée. Malgré son cerveau haut de gamme, la petite ne pouvait se targuer que d’un corps, au mieux fonctionnel, et de capacités à l’empathie et aux relations sociales réduites à leur plus simple expression. La solitude et la frustration, l’aigreur même, seraient son lot tout au long de sa vie.

            Je n’ai jamais vraiment pu l’avaler. Depuis j’ai pardonné au Papa. Pour l’époque, il avait fait de son mieux, un mieux un peu minable, certes,  presque pire qu’un bien, mais il l’avait fait ce qui n’était pas le cas de tout le monde. Bien sûr, d’autres avaient réalisé des mieux vraiment meilleurs cependant on conçoit avec ce qu’on a, pas avec ce qu’on voudrait. Bref, il lui fut pardonné.

            Ego te absolvo, Pater.

 

            Il me restait en outre une solution : donner une seconde chance à la gamine. C’est ce que j’ai tenté ici mais croyez-moi, avec son putain de caractère ce ne fut pas chose facile…

  

             J’espère seulement ne pas avoir fait pire que votre créateur et que votre deuxième existence, votre seconde mort, vous satisferont un peu plus,

Susan Calvin.

Et révérence, toujours humble, à Isaac Asimov.

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